En bref

  • Un domaine regfree se reprend au tarif de création, sans surcoût d'intermédiaire : c'est le canal le moins cher, et le plus concurrentiel à l'instant de la libération.

Le regfree désigne un nom de domaine déjà utilisé par le passé, aujourd’hui réellement libre, et qui se reprend au tarif normal de création. Le terme vient de registration fee : on ne paie que les frais d’enregistrement.

Ce que le terme désigne

Un état, pas un service. Un domaine est regfree quand il a fini son cycle de suppression et qu’aucun intermédiaire ne s’est interposé : il s’enregistre chez n’importe quel bureau d’enregistrement, dans la même interface et au même prix qu’un nom qui n’aurait jamais existé.

C’est la différence avec les deux autres canaux d’acquisition d’un nom libéré. Dans une enchère de domaine, quelqu’un a capturé le nom et le revend. Dans un backorder, on paie une place dans une file d’attente technique. En regfree, il n’y a personne entre le registre et vous.

Comment on en trouve

Deux voies, et elles ne se valent pas en indépendance.

Les données ouvertes du registre. Le registre du .fr publie chaque mois le fichier complet des noms de domaine, avec pour chacun sa date de création et sa date de retrait de l’annuaire Whois. Un nom qui porte une date de retrait est un nom libre. Au millésime de juillet 2026, ce fichier contenait 5 528 669 noms dans ce cas.

Les agrégateurs de listes. Des services reconstituent ces mêmes informations pour de nombreuses extensions, y ajoutent des indicateurs, et les présentent triables. Le confort est réel, l’indépendance est perdue : on regarde ce que le service a choisi de classer en haut.

Le filtrage utile porte sur trois choses seulement, toutes présentes dans le fichier ouvert : l’ancienneté du nom, la fraîcheur de sa libération, et le motif du nom lui-même. Le reste — profil de liens, pages archivées — se vérifie candidat par candidat.

Ce qu’il change quand on vend des liens

Il borne le risque, et c’est son principal intérêt.

Un domaine expiré repris au tarif d’un domaine neuf est un pari dont la perte maximale est ce tarif. Si l’audit se révèle faux après coup, on abandonne le nom sans avoir engagé de capital. C’est le seul cas où l’on peut raisonnablement acheter un expiré sans encore savoir bien les auditer.

Il déplace aussi l’effort. Le regfree est le canal le plus concurrentiel à la seconde de la libération, parce que le principe est premier arrivé premier servi et que des acteurs équipés pour enregistrer en rafale sont sur la même ligne de départ. Mais cela ne concerne qu’une minorité de noms : sur les cohortes de suppression de 2018 à 2025, entre 18 et 30 % seulement des noms libérés ont été réenregistrés au moins une fois. Sept sur dix ne trouvent jamais preneur.

La compétence qui paie n’est donc pas la vitesse, c’est le filtre. Trouver un nom que les listes classent mal — parce que sa valeur tient à une cohérence thématique avec votre projet, qu’aucun indicateur générique ne mesure — se gagne sans concurrence.

Les termes voisins

Le drop, qui est l’instant de la libération. Le regfree est l’état qui suit le drop, quand personne n’a capturé le nom.

La période de rédemption, qui précède le drop de trente jours. Un nom en rédemption n’est pas regfree : il est indisponible, et son ancien titulaire peut encore le récupérer.

Le backorder, qui est le service auquel on recourt précisément quand on estime qu’on n’obtiendra pas le nom en regfree.

La confusion à éviter : croire que regfree signifie sans valeur. Un nom peut porter dix ans d’existence et un profil entrant cohérent, et rester libre pendant des mois, simplement parce que personne ne l’a cherché. Le dossier sur l’achat d’un domaine expiré détaille le cycle qui mène un nom jusque là.

Sources et méthode

  • Données ouvertes du .fr, millésime juillet 2026, recalculées le 22 août 2026 : 5 528 669 noms portent une date de retrait du Whois, et les cohortes de suppression de 2018 à 2025 affichent une part de reprise de 18 à 30 %.