En bref

  • Le calendrier du .fr n'est pas celui du .com : le registre renouvelle tacitement pour un an à l'échéance, et c'est le bureau d'enregistrement qui décide quand envoyer l'ordre de suppression.
  • La suppression déclenche une période de rédemption de 30 jours. Ce n'est qu'à son terme que le nom retombe dans le domaine public, premier arrivé premier servi.
  • Les données ouvertes du registre confirment cette règle : sur les retraits de mai à juillet 2026, la durée de vie la plus fréquente est de 395 jours, soit un an d'enregistrement plus trente jours de rédemption.
  • Il y a plus de .fr déjà enregistrés puis libérés que de .fr actifs : 5 528 669 contre 4 590 553 au fichier de juillet 2026.
  • Environ 60 000 .fr sont supprimés chaque mois, et près de trois sur quatre ne sont jamais repris : la concurrence à la seconde ne concerne qu'une petite minorité de noms.
  • Trois canaux, trois économies : le regfree au tarif de création, l'enchère au prix que la salle décide, le backorder qui ne se paie qu'en cas de capture.

Le cycle de vie d’un nom de domaine qui tombe est raconté, en français, presque toujours à partir du .com : une période de grâce, une rédemption, cinq jours d’attente, la libération. C’est exact — pour un domaine générique.

Le .fr a son propre régime, et il ne se déduit pas de l’autre. Ce dossier commence donc par lui, à partir de la documentation du registre, et le confirme sur les données ouvertes que ce même registre publie. Viennent ensuite les trois canaux d’acquisition, un panorama daté des acteurs, et le protocole d’achat.

Ce que ce dossier mesure, et d’où viennent ses chiffres

Deux sources, et rien d’autre

La documentation du registre .fr, consultée le 22 août 2026 : guide des procédures techniques et opérationnelles, guide pratique du titulaire. Toutes les durées de ce dossier viennent de là, et une durée qui n’y figure pas n’est pas publiée ici.

Les données ouvertes du .fr, millésime juillet 2026, recalculées le 22 août 2026 : un fichier de 10 119 222 lignes, une par nom ayant existé, avec sa date de création et sa date de retrait du Whois, plus les indicateurs mensuels de flux. Licence ouverte, gratuit, sans inscription.

La règle appliquée aux acteurs nommés

Ce site ne nomme aucune place de marché de vente de liens. Le panorama de ce dossier est une exception assumée, et elle porte sur une autre catégorie : les services par lesquels un nom libéré s’acquiert.

Cette exception se paie en méthode. Chaque service nommé a été consulté sur son propre site le 22 août 2026. Aucun montant n’est cité s’il n’a pas été lu sur ses pages, aucun service n’est recommandé, et plusieurs ont été écartés faute de vérification. Tarifs et conditions changent : ils se contrôlent à la source au moment de décider.

Le cycle de vie d’un .fr qui tombe

Quatre étapes, et la première contredit ce qu’on croit savoir.

L’échéance ne fait rien tomber

Le guide des procédures du registre l’écrit ainsi : « Un nom de domaine est tacitement renouvelé (autorenew) par l’Afnic pour une durée d’un an à compter de sa date d’expiration. » La durée maximale d’enregistrement ou de renouvellement est de dix ans.

Conséquence directe : à la date d’expiration, rien ne se passe côté registre. Le nom continue d’exister, de résoudre et d’apparaître au Whois. Un domaine dont l’échéance est passée depuis trois semaines n’est pas un domaine disponible — ce qui disqualifie à lui seul la pratique consistant à surveiller les dates d’expiration pour en déduire une date de disponibilité.

L’ordre de suppression vient du bureau d’enregistrement

Ce qui déclenche la chute est une décision commerciale, pas une échéance. Le guide du titulaire : « si votre bureau d’enregistrement n’a pas de contact avec vous avant l’expiration de votre nom de domaine, il peut envoyer à l’Afnic un ordre de suppression, afin de ne pas avoir à régler à votre place les frais liés à la gestion de votre nom de domaine. »

Le mot important est peut. Chaque bureau a sa politique : certains émettent l’ordre le jour de l’échéance, d’autres attendent une relance, d’autres laissent courir des semaines — et le titulaire peut régulariser pendant tout ce temps. L’instant de libération d’un .fr n’est donc pas calculable à partir de l’échéance : il dépend d’un tiers dont on ne connaît pas les règles.

Trente jours de rédemption

L’ordre de suppression, lui, a un effet fixe. Le guide des procédures : « La suppression d’un nom de domaine déclenche automatiquement une période de rédemption de 30 jours. Pendant cette période, seul le bureau d’enregistrement qui a la gestion de ce nom de domaine peut le récupérer avant sa suppression définitive par une opération de restore. » Le guide du titulaire précise ce qu’elle interdit : « aucune transaction de transmission ou de transfert n’est possible et votre nom de domaine reste indisponible à la réservation, sauf pour vous si vous changez d’avis ».

Et surtout, cette période est visible de l’extérieur : « Dans le Whois, le nom de domaine supprimé apparaît toujours mais le status[Whois] passe en redemption et le pending[Whois] en delete. Par ailleurs, la date de demande de suppression y est indiquée. »

C’est l’information la plus opérationnelle du dossier. L’annuaire Whois du registre est interrogeable publiquement et gratuitement, et il expose l’état du nom : un domaine en rédemption annonce lui-même sa date de libération, à trente jours près, à qui prend la peine de l’interroger.

La suppression définitive, puis premier arrivé premier servi

Au terme des trente jours, la suppression devient définitive. Le guide du titulaire : « Ce n’est qu’à l’expiration de cette période que le nom de domaine retombe dans le domaine public et peut être réservé par quelqu’un d’autre selon le principe du premier arrivé, premier servi. »

Le registre notifie la fin de rédemption au bureau concerné. À partir de cet instant, le nom se crée comme n’importe quel nom libre, chez n’importe lequel des 425 bureaux d’enregistrement accrédités que l’annuaire ouvert du registre recensait au millésime de juillet 2026.

Les deux exceptions documentées

Le guide des procédures en signale deux. Une suppression demandée pendant la période de grâce qui suit une création ne déclenche pas de rédemption : le nom est immédiatement disponible. Et une suppression émise par le registre lui-même n’en déclenche pas non plus — elle se déroule en deux temps, reprise des noms sur un compte interne, puis suppression définitive.

Le cycle de vie d'un nom qui tombe — .fr et domaine générique

Sur un .fr, la date d'expiration ne déclenche rien : le registre renouvelle tacitement pour un an. C'est le bureau d'enregistrement qui envoie un ordre de suppression, à une date qu'il choisit. Cet ordre ouvre trente jours de rédemption pendant lesquels seul ce bureau peut restaurer le nom, puis la suppression est définitive et le nom retombe dans le domaine public. Sur un domaine générique, la page des codes d'état de l'ICANN décrit un enchaînement fixe : une période de renouvellement automatique, puis trente jours de rédemption, puis cinq jours calendaires avant la purge du registre et la remise en circulation. .FR — LE DÉCLENCHEUR EST UNE DÉCISION J0 échéance le registre renouvelle durée non prévisible ordre de suppression émis par le bureau décision d'un tiers 30 jours de rédemption restauration possible par le bureau seul suppression définitive domaine public premier arrivé, premier servi DOMAINE GÉNÉRIQUE — L'ENCHAÎNEMENT EST FIXE échéance renouvellement automatique 30 jours de rédemption restauration possible 5 jours purge, puis enregistrable

Durées .fr : guide des procédures et guide du titulaire du registre, consultés le 22 août 2026. Durées génériques : page des codes d'état EPP de l'ICANN, même date. Les longueurs ne sont pas à l'échelle.

Ce que le registre ne publie pas : l’instant du drop

Il faut le dire, parce que plusieurs pages commerciales affichent une heure précise de libération des .fr, à la minute.

Nous n’avons trouvé aucune source primaire pour un tel horaire. Ni le guide des procédures, ni le guide du titulaire, ni les pages publiques du registre ne documentent l’instant exact de remise en circulation. Nous ne publions donc pas de chiffre ici, et nous recommandons de traiter avec méfiance ceux qu’on lit ailleurs sans référence.

Ce que la documentation garantit, elle, suffit à décider : la fenêtre est de trente jours après un ordre de suppression visible au Whois.

Ce que les données confirment : la signature des trente jours

La règle des trente jours ne se lit pas seulement dans un guide : elle est visible dans les données ouvertes, et la vérification se refait soi-même. Nous avons calculé, pour les 152 706 noms retirés du Whois entre mai et juillet 2026, l’écart entre leur date de création et leur date de retrait.

Durée de vie au moment du retrait — les cinq valeurs les plus fréquentes

Sur 152 706 noms retirés du Whois entre mai et juillet 2026, la durée de vie la plus fréquente est de 395 jours, soit 13 pour cent des cas. Viennent ensuite 424 jours à 7,8 pour cent, 394 jours à 6,8 pour cent, 423 jours à 6,5 pour cent et 760 jours à 5,7 pour cent. Les deux premières familles sont séparées de vingt-neuf à trente jours, ce qui correspond à la période de rédemption. 395 jours 13,0 % 424 jours 7,8 % 394 jours 6,8 % 423 jours 6,5 % 760 jours 5,7 % 395 jours = un an d'enregistrement + 30 jours de rédemption. 760 jours = deux ans + 30 jours. Les valeurs vont par paires séparées de 29 à 30 jours : c'est la date de l'ordre de suppression qui varie, pas la durée de rédemption. À elles seules, les durées de 385 à 400 jours font 21,7 % des retraits.

Données ouvertes du .fr, millésime juillet 2026, recalculées le 22 août 2026 · 152 706 noms retirés du Whois entre le 1er mai et le 31 juillet 2026.

La lecture est nette. Les durées les plus fréquentes vont par paires séparées de vingt-neuf à trente jours : 395 et 424, 394 et 423, 760 et 789. La constante est la rédemption ; ce qui varie d’une paire à l’autre, c’est le délai que le bureau s’accorde avant d’émettre l’ordre de suppression. Documentation et données disent donc la même chose : la durée est fixe, le déclencheur est discrétionnaire.

Sur les seuls retraits de juillet 2026, la durée de vie médiane est de 760 jours. Un quart des noms retirés — 25,1 % — avaient au moins cinq ans d’existence, 9,6 % au moins dix ans, et 45,4 % n’avaient pas atteint deux ans.

Le cycle des gTLD, et pourquoi il ne se transpose pas

Pour un domaine générique, la page des codes d’état EPP de l’ICANN décrit un enchaînement documenté et fixe.

.frDomaine générique (.com, .net, .org…)
À l’échéanceLe registre renouvelle tacitement pour un anUne période de renouvellement automatique s’ouvre ; le registre crédite le bureau s’il supprime pendant celle-ci
Déclencheur de la chuteUn ordre de suppression du bureau d’enregistrement, à la date qu’il choisitUn ordre de suppression du bureau, dans le même esprit
Rédemption30 jours, restauration par le bureau gestionnaire seul30 jours d’état de rédemption
Après la rédemptionSuppression définitive, retour au domaine publicCinq jours calendaires, puis purge du registre
Instant de remise en circulationNon documenté publiquementDéductible : fin de rédemption plus cinq jours
Conséquence pratiqueLa fenêtre se lit au Whois, à trente jours prèsLa date se calcule longtemps à l’avance

La dernière ligne explique tout le reste. Sur les domaines génériques, l’instant de libération est calculable, ce qui a rendu possible une industrie de la capture à la seconde et des marchés d’enchères organisés en amont du drop. Sur le .fr, la prévisibilité commence seulement quand l’ordre de suppression est déjà passé, et elle se lit au Whois.

Combien de noms tombent, et combien sont repris

Le stock et le flux

Le fichier ouvert du millésime de juillet 2026 compte 10 119 222 lignes. Parmi elles, 4 590 553 n’ont pas de date de retrait — les noms encore présents à l’annuaire — et 5 528 669 en ont une.

Il y a donc, à cette date, plus de .fr déjà enregistrés puis libérés que de .fr en vie. C’est la première chose à savoir avant de croire à une pénurie de noms.

Côté flux, les indicateurs mensuels du registre donnent pour juillet 2026 : 90 796 créations, 252 039 renouvellements, 60 312 suppressions, 8 558 transferts, pour un parc de 4 338 041 noms. Juin affichait 57 762 suppressions, et l’année 2025 en totalise 754 973. Environ deux mille noms tombent chaque jour : ce n’est pas une rareté.

La part qui est reprise

Voici la mesure qui manque partout. En croisant les suppressions déclarées pour une année donnée avec les noms qui, dans le fichier de juillet 2026, portent encore une date de retrait de cette année-là, on obtient la part des noms supprimés réenregistrés au moins une fois depuis.

Année de suppressionSuppressions déclaréesEncore libres au 31 juillet 2026Repris au moins une fois
2018499 530351 69429,6 %
2019556 567398 41028,4 %
2020557 021408 53926,7 %
2021563 477420 84225,3 %
2023673 810516 86523,3 %
2024729 227562 79822,8 %
2025754 973615 76918,4 %

Données ouvertes du .fr, millésime juillet 2026 · l’année 2022 est écartée : elle porte 997 736 suppressions, dont un lot de 484 801 sur le seul mois de janvier, qui ne correspond pas à une activité de marché.

Le résultat est stable et contre-intuitif. Sept noms supprimés sur dix ne sont jamais repris, et la proportion ne bouge presque pas huit ans après la chute : elle plafonne autour de 25 à 30 %.

Cela change la façon de penser la concurrence. Le regfree n’est pas un marché tendu : c’est un immense stock d’invendus avec, à l’intérieur, une petite minorité de noms sur lesquels tout le monde se précipite. La compétence utile n’est pas la vitesse, c’est le tri.

Les trois canaux

Un nom libéré s’acquiert de trois façons, et ce sont trois économies différentes.

Le regfree

Le domaine est réellement retombé dans le domaine public. Il se crée au tarif normal, chez n’importe quel bureau d’enregistrement, comme un nom qui n’aurait jamais été pris. Le mot vient de registration fee : on ne paie que les frais d’enregistrement.

Où trouver ces noms. Sans intermédiaire, dans le fichier ouvert du registre, traité plus bas : il donne tous les noms qui portent une date de retrait, donc tous les candidats. Avec intermédiaire, chez un agrégateur de listes, qui reconstitue les mêmes informations pour de nombreuses extensions et y ajoute des indicateurs.

Comment filtrer. Le fichier ouvert donne trois critères directement exploitables : la date de création pour l’ancienneté, la date de retrait pour la fraîcheur de la libération, et le nom lui-même pour un filtre par motif — longueur, absence de chiffre, présence d’un terme de thématique. Le reste se vérifie candidat par candidat, avec les sept contrôles du dossier sur le choix du domaine.

Pourquoi c’est le canal le moins cher et le plus concurrentiel. Le moins cher, parce que rien ne s’ajoute au prix d’une création. Le plus concurrentiel, parce qu’à l’instant de la libération le principe est premier arrivé premier servi, et que des acteurs équipés pour enregistrer en rafale sont sur la même ligne de départ. Sur la grande majorité des noms cela n’a aucune importance : ils ne seront jamais repris. Sur les quelques noms convoités, un particulier n’a pratiquement aucune chance.

L’enchère

Le domaine est mis en vente, avant ou après sa suppression, par un intermédiaire. Deux montages coexistent : soit il a déjà capturé le nom et le revend, soit il vend à l’avance le droit de le recevoir s’il parvient à le capturer.

Comment se forment les prix. Une enchère de domaine expiré n’est presque jamais un marché de la valeur d’usage : c’est un marché d’indicateurs. Les plateformes affichent des liens entrants, une ancienneté, un score d’estimation automatique, parfois un trafic estimé. Les enchérisseurs paient donc ce que les indicateurs annoncent, et un nom bien noté monte, sans que rien ne dise que ces liens soient utiles à qui que ce soit.

Ce qui fait monter une enchère au-delà de la valeur du domaine. Trois mécanismes. Le prolongement automatique en fin d’enchère, qui empêche de remporter au dernier instant mais étire les surenchères. La visibilité de la demande : dix-huit enchérisseurs sur un nom est un signal social, pas une information sur sa valeur. Et l’engagement : plus on a passé de temps à auditer un candidat, plus on répugne à le lâcher pour trente euros de plus.

Comment fixer sa limite avant de commencer. En l’écrivant, avec sa justification. La méthode qui fonctionne convertit le nom en années d’exploitation évitées : si l’argument est de sauter la tranche où le prix d’un emplacement ne bouge pas, cette tranche a une valeur chiffrable, et le dossier sur l’arbitrage entre expiré et neuf la donne. Toute limite fixée pendant l’enchère est une limite qui n’existe pas.

Le backorder

On réserve à l’avance la tentative de reprise, et le service tente l’enregistrement à l’instant où le nom redevient libre. Les termes de drop-catching et de snap désignent la même opération vue du côté technique : la capture au moment exact de la libération, et l’enregistrement en rafale qui la rend possible. Trois choses s’y jouent.

Ce que le service fait techniquement. Il est bureau d’enregistrement, ou passe par plusieurs bureaux, et dispose d’un accès direct au registre. À l’instant de la libération, il envoie des demandes de création en rafale. Un particulier passant par une interface web n’a pas ce canal, et c’est toute la valeur du service : ce qu’on achète n’est pas une réservation, c’est une place dans une file d’attente technique.

Pourquoi plusieurs demandes sur le même domaine basculent en enchère. Parce que le service ne peut capturer le nom qu’une fois. S’il l’obtient et que trois clients l’avaient réservé, il tranche par une enchère interne, ouverte aux clients concernés ou à toute sa base. Un backorder n’est donc jamais un prix garanti : c’est un plancher, qui devient un prix de départ dès qu’un second candidat existe.

Ce qu’on paie en cas d’échec. Le modèle dominant, affiché en propres termes par les services consultés, est « pas de capture, pas de paiement ». Trois causes d’échec sont documentées par les services eux-mêmes : l’ancien titulaire restaure le nom pendant la rédemption, un concurrent le capture, ou l’enchère interne est remportée par un autre client. Un point mérite une lecture attentive des conditions : la fenêtre pendant laquelle une réservation n’est plus annulable, qui se compte en heures avant le drop.

RegfreeEnchèreBackorder
CoûtTarif de création du nomLe prix que la salle décideUn plancher affiché, dû seulement en cas de capture
Probabilité d’obtentionTrès élevée sur un nom quelconque, quasi nulle sur un nom convoitéÉlevée si l’on paie, nulle sinonVariable, et jamais garantie
DélaiImmédiat dès la libérationLe calendrier de l’enchèreL’attente jusqu’au drop, plus l’enchère interne éventuelle
ConcurrenceMaximale à la seconde de la libération, inexistante ensuiteVisible et attisée par la plateformeInvisible jusqu’au basculement en enchère
Effort de triEntièrement à votre chargePré-trié par la plateforme, selon ses critèresVous désignez le nom, donc vous triez
Profil de domaine pertinentNom sans indicateur remarquable, ou trouvé par un filtre que les autres n’appliquent pasNom déjà repéré par tout le mondeNom précis, identifié à l’avance, que l’on veut vraiment

La ligne la plus utile est la dernière. Le regfree se gagne par un filtre original — chercher ce que les listes classent mal, par exemple la cohérence thématique avec un projet précis, qu’aucun indicateur générique ne mesure. L’enchère se gagne par le budget, le backorder par l’anticipation.

Les sources ouvertes du registre .fr

C’est la partie la plus durable de ce dossier : elle ne dépend d’aucun intermédiaire et elle ne change pas de tarif.

Le fichier mensuel des noms de domaine

Le registre publie en licence ouverte, le 15 de chaque mois, un fichier compressé contenant l’ensemble des noms de domaine du .fr. Décompressé, c’est un fichier de valeurs séparées par des points-virgules — pas par des virgules — de plusieurs centaines de mégaoctets, dans un encodage latin à recoder en UTF-8 avant traitement.

Douze colonnes. Les deux qui comptent ici sont la première, le nom de domaine, et la dernière, la « Date de retrait du Whois » : si elle est renseignée, le nom n’est plus enregistré. La colonne de date de création donne l’ancienneté ; les autres portent le bureau d’enregistrement, sa localisation, le type de titulaire et le sous-domaine.

Cela suffit à produire soi-même, en quelques lignes de traitement, ce que des services vendent : la liste des noms libres ayant déjà existé, filtrable par ancienneté, par date de libération et par motif. L’historique est conservé sur plus de deux ans, ce qui permet de comparer deux millésimes et d’isoler les noms libérés entre les deux.

La limite est réelle : un fichier mensuel donne un état au mois, pas au jour. Il ne sert pas à attraper un nom à la seconde, mais à constituer une réserve de candidats et à travailler le tri — de loin la partie la plus rentable.

Les listes quotidiennes, et ce qu’elles ne sont pas

Depuis le 3 juillet 2012, en application du code des postes et des communications électroniques, le registre publie les listes quotidiennes des noms enregistrés la veille, en UTF-8, pour le .fr et cinq extensions ultramarines. Les fichiers restent en ligne sept jours.

La confusion est fréquente, alors autant être net : ces listes portent sur les créations, pas sur les suppressions. Elles ne servent pas à repérer un nom qui va tomber. Elles servent à constater qu’un nom que l’on visait vient d’être repris par un autre, et à arrêter de l’attendre.

Le Whois, interrogé directement

L’annuaire Whois du registre est interrogeable publiquement et gratuitement. Une requête directe renvoie le nom, son état, son état au format EPP, la date d’expiration, la date de création et la date de dernière mise à jour. C’est là que se lit l’état de rédemption, avec la date de la demande de suppression. Un service payant existe pour télécharger chaque jour la base complète ; il n’est pas nécessaire ici, où l’on interroge quelques dizaines de candidats.

Ce que ces sources ne donnent pas

Le profil de liens entrants : le registre ne le publie pas, et rien dans les données ouvertes n’en approche — alors que c’est la variable qui corrèle le mieux avec le prix d’un emplacement, à 0,50 dans notre relevé d’août 2026. L’historique de contenu se consulte dans les archives publiques du web. Et l’instant exact de libération n’est documenté nulle part : nous ne le publions donc pas.

Le paysage des acteurs, constaté le 22 août 2026

Comment cette liste a été faite, et ce qu’elle n’est pas

Chaque service ci-dessous a été consulté sur son propre site le 22 août 2026. N’y figurent que des services dont l’activité était constatable à cette date : une page lisible, un mécanisme décrit, des enchères ou des listes en cours.

Aucun montant n’apparaît dans ce tableau s’il n’a pas été lu sur les pages du service lui-même. Aucun n’est recommandé, et aucun n’est comparé sur sa performance : nous n’avons mesuré aucun taux de capture, et une comparaison de performance non mesurée n’a pas sa place ici. Ce tableau décrit des modèles économiques, et le lecteur choisit.

ActeurCe qu’il estModèle, tel qu’il le décritMontant lu sur ses pages
Le registre .frRegistre de l’extensionDonnées ouvertes sous licence ouverte, gratuites, sans inscriptionAucun — mise à jour le 15 de chaque mois, listes quotidiennes conservées 7 jours
ExpiredDomains.netAgrégateur de listesListes de noms supprimés et de noms en attente de suppression, pour 676 extensions dont le .frGratuit à la consultation ; affiche 583 439 851 domaines supprimés recensés
KifDomBureau d’enregistrement accrédité par le registre depuis 2014Enchères, achat immédiat et précommande sur des .fr expirés ; solde débité seulement en cas d’obtention« Prix unique de 30 € par précommande »
WebExpireBureau d’enregistrement agréé par le registreEnchères sur .fr fraîchement expirés, offres confidentielles, second prix majoré de 10 € et plafonné à votre mise ; backorderBackorder « à partir de 30 € HT » ; majoration d’enchère de 10 €
NicsellCaptureur, marché germanophoneEnchères sur des noms en phase de suppression, sur dix-sept extensions dont le .fr ; rien à payer si la capture échoue« starting bid of just €10 »
DomainOrderCaptureur de domaines nationauxEnchère hebdomadaire du lundi au mardi sur les noms qui se libèrent dans les sept jours suivants ; « no catch, no pay »Précommande « à partir de 50 euros » ; annonce environ 4 000 .fr par enchère
DynadotBureau d’enregistrement généralisteEnchères d’expirés de sept jours avec prolongation de cinq minutes ; invendus basculés trois jours en prix dégressif ; backorder gratuit à poser, enchère interne si plusieurs demandesSolde de 5 $ requis pour enchérir ; dépôt de 5 % au-delà de 2 000 $ de mise ; backorder affiché à 21,38 € sur les extensions génériques observées
Park.ioCaptureur de domaines nationauxBackorder ; enchère si plusieurs candidats ; paiement uniquement en cas d’obtention« for only $99 »
SedoPlace de marché du marché secondaireVente de noms de domaine à prix fixe, aux enchères ou en négociation anonyme« Domain prices start at USD 20 »

Paysage constaté le 22 août 2026. Tarifs, conditions, extensions couvertes et existence même de ces services changent sans préavis : ils se vérifient à la source avant toute décision.

Ce qui se lit dans ce tableau

Trois observations, et aucune n’est un classement.

Le .fr a ses propres acteurs. Les deux services entièrement dédiés au .fr que nous avons pu vérifier sont des bureaux d’enregistrement accrédités par le registre : sans accès direct au registre, la capture à la libération est hors de portée.

Les mécanismes d’enchère ne sont pas équivalents. Une enchère au second prix majoré, à offres confidentielles, ne produit pas le même comportement qu’une enchère ouverte à prolongation automatique : la première décourage la surenchère émotionnelle, la seconde l’organise. Lire le mécanisme vaut mieux que comparer des tarifs.

Le modèle « pas de capture, pas de paiement » est la norme, pas une faveur : une tentative ratée ne coûte rien au service.

Ce que nous avons écarté

Huit services que nous avons cherché à vérifier n’ont pas été retenus, et ne sont donc pas nommés. Les motifs : page inaccessible, interface entièrement construite par script sans contenu lisible, certificat de transport invalide, site en préinscription dont les données de libération affichées étaient explicitement présentées comme illustratives, et service sans opérateur identifiable dans ses pages légales. C’est un choix de méthode : un service qu’on ne peut pas constater en activité n’a pas sa place dans un panorama daté.

Le protocole d’achat, de la détection à la reprise

Sept étapes, dans l’ordre où l’abandon coûte le moins cher. Les contrôles d’audit ne sont pas répétés ici : le dossier sur le choix du domaine en donne la séquence complète en sept points, dont les six qui portent sur un nom repris.

#ÉtapeCe qu’on faitOn engage de l’argent ?
1Cadrer la thématiqueVérifier que la thématique visée se vend, avant de chercher un nomNon
2Constituer la réserveFiltrer le fichier ouvert du registre, ou une liste, sur l’ancienneté, la fraîcheur et le motif du nomNon
3Trier sur la largeur thématiqueÉcarter les noms qui verrouillent le site sur un seul sujetNon
4Auditer les survivantsLes sept contrôles, une demi-heure par candidat : historique, profil entrant, marque, indexation, héritages techniquesNon
5Choisir le canalRegfree si le nom est déjà libre ; backorder s’il est en rédemption ; enchère s’il est déjà capturéNon
6Écrire sa limiteUn montant, et la phrase qui le justifie, avant d’ouvrir la page d’enchèreNon
7Reprendre et nettoyerCréer ou payer, récupérer le code d’authentification, transférer chez son bureau, purger les héritagesOui, et pour la première fois

La colonne de droite est le point du protocole. Six étapes sur sept ne coûtent rien, et elles éliminent la quasi-totalité des candidats. Un achat d’expiré qui tourne mal est presque toujours un achat où l’ordre a été inversé : le nom d’abord, l’audit ensuite.

Quatre erreurs

Surveiller les dates d’expiration

Sur le .fr, l’échéance n’annonce rien : le registre renouvelle tacitement pour un an, et l’ordre de suppression est une décision de bureau d’enregistrement. Ce qui s’observe utilement est l’état de rédemption au Whois, pas la date d’expiration.

Transposer le calendrier du .com

Cinq jours après la fin de rédemption, une date calculable des mois à l’avance : c’est le régime des génériques, pas celui du .fr. Bâtir une stratégie de capture .fr sur ce calendrier revient à attendre au mauvais endroit.

Payer une enchère pour un profil qu’on n’a pas regardé

Les indicateurs affichés par une plateforme trient l’offre selon ses critères, pas selon votre projet. Un nom bien noté dont les liens entrants viennent d’un secteur étranger au vôtre est un nom cher et inutile.

Confondre un backorder avec une réservation ferme

Un backorder est une place dans une file, et il devient un prix de départ d’enchère dès qu’un second candidat existe. Jamais un prix garanti, et les services l’écrivent.

Ce que ce dossier ne permet pas de conclure

Trois limites.

Nous ne mesurons aucun effet de référencement. Rien ici ne chiffre ce qu’un domaine repris fait gagner, et rien dans les données ouvertes du registre ne le permettrait. Ce dossier décrit un calendrier, des canaux et des coûts.

Le panorama des acteurs est une photographie. Il vaut pour le 22 août 2026 et pour ce qui était lisible ce jour-là. Il n’est ni exhaustif ni comparatif, et huit services que nous avons cherché à vérifier n’y figurent pas.

Les chiffres de reprise sont un croisement, pas une observation directe. Ils reposent sur deux fichiers du registre qui ne datent pas exactement le même événement, et l’encadré de méthode dit où se situe l’imprécision. Quant à l’instant de libération d’un .fr, il n’est pas dans ce dossier parce qu’il n’est pas documenté publiquement : si vous lisez ailleurs une heure précise, demandez la source avant de bâtir quoi que ce soit dessus.

La décision qui précède tout cela reste entière : domaine repris, ou domaine neuf ? Elle se tranche sur quatre coûts, que le dossier sur l’arbitrage entre expiré et neuf met côte à côte. Le nom, une fois choisi, ne se change plus, et c’est ce que rappelle le dossier sur le choix du domaine. Ce qui vient ensuite n’a rien de spécifique à l’expiré : c’est le socle, la cadence et les trois premiers mois, décrits dans la section « Monter un site ».

Cinq termes de ce dossier ont leur définition à part, parce qu’ils s’emploient partout et se comprennent mal : le regfree, le backorder, l’enchère de domaine, la période de rédemption et le drop.

Questions fréquentes

Combien de temps après son expiration un .fr redevient-il libre ?

Ce délai n'est pas fixé par le calendrier du registre, et c'est la particularité du .fr. À l'échéance, l'Afnic renouvelle tacitement le nom pour un an ; c'est le bureau d'enregistrement qui décide d'envoyer ou non un ordre de suppression, et à quel moment. Cet ordre déclenche 30 jours de rédemption, au terme desquels le nom retombe dans le domaine public. Dans les données ouvertes du registre, la durée de vie la plus fréquente au moment du retrait est de 395 jours, soit un an plus trente jours.

Qu'est-ce que la période de rédemption d'un .fr ?

C'est une période de sécurité de 30 jours qui suit l'ordre de suppression. Pendant ce temps, seul le bureau d'enregistrement qui gère le nom peut le récupérer, par une opération de restauration. Aucun transfert n'est possible, et le nom reste indisponible à la réservation pour un tiers. Dans l'annuaire Whois, le nom apparaît toujours, avec un état de rédemption et la date de la demande de suppression.

Qu'est-ce qu'un domaine regfree ?

C'est un nom réellement retombé dans le domaine public, qui se crée au tarif normal chez n'importe quel bureau d'enregistrement, comme un nom qui n'aurait jamais été pris. C'est le canal le moins cher et, sur les noms convoités, le plus concurrentiel : à l'instant de la libération, c'est premier arrivé premier servi, et des acteurs équipés pour enregistrer en rafale sont sur la même ligne de départ.

Un backorder garantit-il d'obtenir le domaine ?

Non, et les services le disent eux-mêmes sur leurs pages. Trois choses peuvent l'empêcher : l'ancien titulaire restaure le nom pendant la rédemption, un concurrent le capture, ou plusieurs clients du même service l'ont réservé — dans ce dernier cas, une enchère se tient entre eux. Le modèle dominant est « pas de capture, pas de paiement » : la réservation ne coûte rien si elle échoue.

Où trouver la liste des .fr qui vont être supprimés ?

Le registre ne publie pas de liste de noms à supprimer. Il publie en données ouvertes, chaque mois, le fichier complet des noms de domaine avec leur date de création et leur date de retrait du Whois — ce qui permet de reconstituer l'état des noms déjà libérés sans dépendre d'aucun intermédiaire. Les listes quotidiennes publiées par le registre concernent les noms enregistrés, pas les noms supprimés.

Combien de .fr sont supprimés chaque mois ?

Environ 60 000, selon les indicateurs mensuels publiés par le registre : 60 312 suppressions en juillet 2026, 57 762 en juin, pour un parc de 4,3 millions de noms. Sur un an, cela représente plus de 750 000 noms supprimés. Mais près de trois sur quatre ne sont jamais repris, ce qui déplace complètement la question : la difficulté n'est pas la quantité disponible, c'est le tri.

Le cycle du .com est-il le même que celui du .fr ?

Non, et c'est la confusion la plus répandue. Sur un domaine générique, la page des codes d'état de l'ICANN décrit un enchaînement fixe : l'état de rédemption dure 30 jours, puis cinq jours calendaires plus tard le nom est purgé du registre et redevient enregistrable. L'instant de la remise en circulation est donc prévisible longtemps à l'avance, ce qui explique l'existence d'une industrie de la capture. Sur le .fr, le déclencheur est une décision de bureau d'enregistrement, pas une échéance automatique.

Sources et méthode

  • Documentation du registre .fr consultée le 22 août 2026 : guide des procédures techniques et opérationnelles de l'Afnic, et guide pratique du titulaire d'un nom de domaine en .fr. Les durées citées sont celles de ces documents.
  • Données ouvertes du .fr, millésime juillet 2026, téléchargées et recalculées le 22 août 2026 : fichier des noms de domaine (10 119 222 lignes, une par nom), indicateurs mensuels d'activité, annuaire des bureaux d'enregistrement accrédités. Licence ouverte.
  • Définitions des états de fin de vie d'un domaine générique lues sur la page des codes d'état EPP de l'ICANN, consultée le 22 août 2026.
  • Panorama des acteurs constaté le 22 août 2026 : chaque service nommé a été consulté sur son propre site, et seuls les montants affichés sur ses pages sont cités. Aucun acteur n'est recommandé.