En bref
- Le drop est l'instant où un nom supprimé redevient enregistrable, premier arrivé premier servi. Sur les domaines génériques il se calcule à l'avance ; sur le .fr il ne se déduit que du Whois, à trente jours près.
Le drop est l’instant où un nom de domaine supprimé redevient enregistrable. C’est une seconde, pas une période, et tout le vocabulaire de la capture tourne autour d’elle.
Ce que le terme désigne
La fin du cycle de suppression. À cet instant, le nom quitte l’état de période de rédemption, sort du registre, et redevient disponible selon le principe rappelé par le guide du titulaire du .fr : « premier arrivé, premier servi ».
Deux mots l’accompagnent. Le drop-catching est la technique de capture au moment exact du drop. Le snap est l’enregistrement en rafale qui la rend possible : envoyer des demandes de création à la cadence maximale, depuis un accès direct au registre. Ce sont deux façons de nommer la même opération, vue de l’organisation ou vue de la machine.
Comment on le situe dans le temps
Cela dépend entièrement de l’extension, et c’est le point que presque toute la littérature francophone escamote.
Sur un domaine générique, l’enchaînement est fixe et documenté par l’ICANN : trente jours d’état de rédemption, puis cinq jours calendaires, puis la purge du registre. Le drop se calcule donc des semaines à l’avance, ce qui explique l’existence d’une industrie de la capture organisée en amont.
Sur le .fr, le déclencheur n’est pas une échéance mais une décision : le registre renouvelle tacitement pour un an à l’expiration, et c’est le bureau d’enregistrement qui envoie l’ordre de suppression quand il le veut. La seule prévisibilité commence quand cet ordre est passé : le Whois affiche alors l’état de rédemption et la date de la demande, ce qui situe le drop à trente jours près.
Sur l’instant exact, il faut être franc : nous n’avons trouvé aucune source primaire documentant l’heure de remise en circulation des .fr. Plusieurs pages commerciales en affichent une, à la minute. Aucune ne la sourcerait au registre. Un chiffre invérifiable ne se réemploie pas.
Ce qu’il change quand on vend des liens
Beaucoup moins qu’on ne le croit, et c’est une bonne nouvelle.
Le drop est le moment où la concurrence est maximale — mais seulement sur les noms que plusieurs personnes ont repérés. Or environ 60 000 noms en .fr sont supprimés chaque mois, et sur les cohortes de 2018 à 2025, entre 18 et 30 % seulement ont été réenregistrés au moins une fois depuis. Sur la grande majorité des noms, le drop est un non-événement : le nom reste libre pendant des mois.
La conséquence pratique est nette. Vouloir gagner au drop suppose un backorder, donc un budget et un intermédiaire. Vouloir gagner sans concurrence suppose un filtre que les autres n’appliquent pas — la cohérence thématique avec un projet précis, qu’aucun indicateur générique ne mesure. La seconde voie est gratuite, et elle est celle du regfree.
Les termes voisins
La période de rédemption, qui est la fenêtre de trente jours qui précède le drop et qui l’annonce.
Le backorder, qui est le service dont l’unique fonction est d’agir à cet instant.
L’enchère de domaine, qui se tient soit avant le drop, sur le droit de recevoir le nom en cas de capture, soit après, sur un nom déjà capturé.
La confusion à éviter : traiter la date d’expiration d’un .fr comme une date de drop. Entre les deux, il y a un renouvellement tacite d’un an, une décision de bureau d’enregistrement et trente jours de rédemption. Le dossier sur l’achat d’un domaine expiré déroule ce calendrier étape par étape.
Sources et méthode
- Guide pratique du titulaire d'un nom de domaine en .fr et guide des procédures du registre, consultés le 22 août 2026. Page des codes d'état EPP de l'ICANN, même date. Aucune source primaire n'a été trouvée pour un horaire précis de libération des .fr.