En bref

  • Le seuil de rentabilité est le mois où le cumul des encaissements dépasse celui des dépenses. Il existe en deux versions, selon que le temps de travail est valorisé ou non.

Le seuil de rentabilité, ou point mort, est le mois où le cumul de ce que vous avez encaissé dépasse le cumul de ce que vous avez dépensé. Sur un site à liens, il existe en deux versions qui ne se ressemblent pas.

Ce que le terme désigne

Une date, pas un montant. On additionne mois après mois les recettes, on additionne les dépenses, et on cherche le mois où la différence cumulée devient positive.

Les deux versions diffèrent par ce qu’on met dans les dépenses.

Le point mort de trésorerie ne compte que l’argent sorti : nom de domaine, hébergement, contenu acheté, outils. C’est le calcul comptable ordinaire.

Le point mort complet ajoute la valeur de votre temps de travail : heures passées multipliées par la valeur que vous donnez à votre heure. C’est le seul calcul qui permette de comparer cet actif à un autre emploi de vos heures.

Comment il se calcule

Sur trente-six mois, en douze ou trente-six lignes, avec quatre nombres par mois : le revenu, les frais monétaires, le coût du contenu, et la valeur du temps. La page calculateurs le fait dans le navigateur et rend la courbe.

Ce que le calcul révèle immédiatement sur ce métier : le point mort de trésorerie ne dépend presque pas des coûts. Les frais monétaires d’un site à liens sont de quelques dizaines d’euros par mois ; une seule vente les couvre. Ce qui fixe la date, c’est le mois de la première vente.

Le scénario médian du dossier de fond le montre : première vente au mois 7, point mort de trésorerie au mois 7. Repoussez la première vente au mois 14, le point mort se décale d’exactement autant.

Ce qu’il change quand on vend des liens

Il transforme une question sans réponse en question tranchable.

« Est-ce que ça vaut le coup » n’a pas de réponse. « Au bout de combien de mois est-ce que j’ai récupéré mon argent, et au bout de combien mon temps » en a deux, et elles sont très différentes.

Dans le scénario médian — huit articles par mois écrits soi-même, vingt heures de travail mensuel, trois emplacements vendus à 120 € —, le point mort de trésorerie tombe au mois 7 et le point mort complet, avec le temps valorisé à 25 € l’heure, n’est pas atteint en trente-six mois. La première réponse dit « rentable en sept mois », la seconde dit « une perte de sept mille euros sur trois ans ». Les deux sont exactes, et le raisonnement complet est dans le dossier sur la rentabilité d’un site à liens.

Deux conséquences de décision. Mettre zéro comme valeur de l’heure est un choix légitime pour un premier site, à condition de savoir qu’on l’a fait. Et le point mort complet est ce qui rend la valeur de revente décisive : c’est souvent elle, et non le revenu mensuel, qui rembourse le temps.

Les termes voisins

Le coût complet, qui est l’assiette de dépenses du point mort complet. Sans lui, la deuxième version du calcul est impossible.

Le ratio horaire, c’est-à-dire ce que l’heure travaillée vous rapporte. C’est le même calcul vu autrement : le point mort donne une date, le ratio donne un prix.

L’amortissement comptable, qui est la répartition d’une dépense sur plusieurs exercices. Il ressemble au raisonnement mais il relève d’une règle fiscale, pas d’un choix de gestion : la question se pose à un comptable, comme le rappelle le dossier sur la facturation et la déclaration.

La confusion à éviter : annoncer un point mort sans dire lequel des deux. C’est la source de presque tous les chiffres de rentabilité invérifiables qui circulent sur ce sujet.

Sources et méthode

  • Modèle à hypothèses affichées du dossier de fond : scénario médian à 8 articles par mois, 20 h de travail, première vente au mois 7, 3 emplacements à 120 €. Point mort de trésorerie au mois 7, point mort complet non atteint en 36 mois.