En bref
- La période de rédemption dure trente jours sur le .fr. Pendant ce temps, seul le bureau d'enregistrement gestionnaire peut restaurer le nom, et le Whois affiche l'état et la date de la demande de suppression.
La période de rédemption est le délai de sécurité qui s’ouvre quand un bureau d’enregistrement demande la suppression d’un nom de domaine. Elle rend cette demande réversible, et elle retarde d’autant la remise du nom en circulation.
Ce que le terme désigne
Un état intermédiaire entre « enregistré » et « libre ». Le guide des procédures du registre .fr l’écrit ainsi : « La suppression d’un nom de domaine déclenche automatiquement une période de rédemption de 30 jours. Pendant cette période, seul le bureau d’enregistrement qui a la gestion de ce nom de domaine peut le récupérer avant sa suppression définitive par une opération de restore. »
Trois interdictions accompagnent cet état, selon le guide du titulaire : aucun transfert, aucune transmission, et aucune réservation par un tiers — « sauf pour vous si vous changez d’avis ». Ce n’est qu’au terme de la période que le nom retombe dans le domaine public, selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Sur les domaines génériques, l’état porte le même nom et la même durée. La page des codes d’état de l’ICANN précise ce qui suit : cinq jours calendaires après la fin de la rédemption, le nom est purgé du registre et redevient enregistrable.
Comment on l’observe
Gratuitement, et c’est le point le plus utile. Le guide des procédures indique que « dans le Whois, le nom de domaine supprimé apparaît toujours mais le status[Whois] passe en redemption et le pending[Whois] en delete. Par ailleurs, la date de demande de suppression y est indiquée. »
Autrement dit, un nom en rédemption annonce lui-même sa date de libération, à trente jours près, à quiconque interroge l’annuaire du registre. C’est la seule fenêtre de prévisibilité que le .fr offre, et elle est publique.
Cette règle laisse une signature dans les données. Sur les 152 706 noms en .fr retirés du Whois entre mai et juillet 2026, les durées de vie les plus fréquentes vont par paires séparées de vingt-neuf à trente jours : 395 et 424, 394 et 423, 760 et 789. La constante est la rédemption ; ce qui varie est la date à laquelle le bureau a envoyé l’ordre.
Ce qu’elle change quand on vend des liens
Elle transforme une attente aveugle en un calendrier.
Sans elle, il faudrait deviner quand un nom convoité redevient libre. Avec elle, il suffit d’interroger le Whois : un nom en rédemption est un nom dont on connaît la fenêtre. C’est le moment où l’on décide du canal — backorder si l’on veut mettre les moyens techniques, veille et regfree si l’on estime que personne d’autre ne le cherche.
Elle protège aussi de l’inverse. Un nom en rédemption peut ne jamais tomber : le bureau gestionnaire peut le restaurer si son client se réveille. Un backorder posé sur un tel nom échoue, et les services le comptent parmi les causes documentées d’échec.
Les termes voisins
Le drop, qui est l’instant où la rédemption s’achève et où le nom redevient enregistrable.
Le renouvellement tacite, qui la précède sur le .fr : à l’échéance, le registre renouvelle le nom pour un an, et c’est le bureau d’enregistrement qui décide ensuite d’envoyer ou non l’ordre de suppression. La rédemption ne commence donc pas à la date d’expiration.
Le domaine expiré, qui est ce que le nom devient à la sortie — s’il sort.
La confusion à éviter : confondre date d’expiration et début de rédemption. Sur le .fr, les deux peuvent être séparées de plusieurs mois. Le dossier sur l’achat d’un domaine expiré détaille tout le calendrier.
Sources et méthode
- Guide des procédures techniques et opérationnelles du registre .fr et guide pratique du titulaire d'un nom de domaine en .fr, consultés le 22 août 2026. Page des codes d'état EPP de l'ICANN, même date.