En bref
- L'éditeur fixe librement son prix : « Le prix des publications est fixé librement par l'Éditeur », article 3.1 des CGUV.
- Le lien dofollow et l'absence de mention sponsorisée visible sont deux suppléments tarifaires proposés au vendeur dans son barème.
- La seule obligation contractuelle de durée est de 30 jours minimum en ligne, avec contrôle automatique quotidien pendant ces 30 jours.
- La commission de la plateforme n'est publiée nulle part, et les CGUV publiques concernent explicitement les annonceurs, pas les éditeurs.
- Paiement les 15 et 30 du mois seulement, après 30 jours de surveillance puis jusqu'à 7 jours de traitement, sur facture conforme.
Presque toutes les places de marché imposent le dofollow et se taisent sur la mention publicitaire. SEO Jungle fait l’inverse et va plus loin : elle laisse le vendeur décider, et lui propose de facturer les deux en supplément. Un lien suivi coûte plus cher qu’un lien non suivi ; un article sans mention « sponsorisé » coûte plus cher qu’un article qui l’affiche.
C’est le fait central de ce relevé, parce qu’il retourne l’économie habituelle : ailleurs, la transparence est un manque à gagner subi ; ici, l’opacité est une ligne de prix, saisie par l’éditeur lui-même.
Deux portes distinctes dès l’accueil
Le parcours vendeur est visible immédiatement, ce qui est rare. L’accueil affiche deux boutons séparés : « Je souhaite acheter… S’inscrire gratuitement » d’un côté, « J’ai un ou des sites et je souhaite vendre des articles → Proposer mes services » de l’autre. Le second pointe directement vers le formulaire d’inscription de l’application.
Directement, c’est-à-dire sans page intermédiaire : il n’existe pas de page vitrine « devenir éditeur ». Aucune fourchette de gain, aucun exemple de tarif, aucun critère d’admission n’est présenté avant le formulaire. En revanche, et c’est l’un des points forts du dispositif, toute la documentation vendeur est publique dans le centre d’aide — treize articles dans la catégorie « Vendre mes spots », tous mis à jour le 27 juillet 2026, qui détaillent l’espace éditeur écran par écran. C’est plus que ce que publient la plupart des concurrents sur leur back-office.
L’opérateur est la SAS SEO JUNGLE, à Caen, RCS Caen 978 061 323. La plateforme se présente comme « la première plateforme de netlinking gamifiée » : expérience, niveaux, classements, bandes dessinées et personnages habillent une place de marché classique. La volumétrie affichée, en revanche, ne concorde pas avec elle-même : « plus de 110 000 sites inscrits » et « plus de 150 000 sites » figurent sur la même page, quand le compteur de catalogue indique 146 836 médias le même jour. Aucun de ces chiffres n’est daté ni sourcé.
Le vendeur écrit ses propres règles
Le modèle est un catalogue libre, et les conditions le disent en une ligne : « Le prix des publications est fixé librement par l’Éditeur. » Aucun barème, aucun palier, aucun indicateur propriétaire ne s’interpose — le Power Score annoncé par le site est d’ailleurs encore signalé « COMING SOON », et sa formule n’est pas publiée.
La liberté ne s’arrête pas au prix. Dans ses « règles de publication », le vendeur déclare lui-même : qui rédige le contenu, dofollow ou nofollow, mention « article sponsorisé » obligatoire ou non, nombre de mots inclus, rédaction humaine ou par intelligence artificielle, durée de mise en ligne, catégorie du site, niches refusées, présence sur Google News.
Face à une commande, il peut « l’accepter, la refuser en indiquant un motif, ou négocier le prix ». Les délais lui appartiennent aussi : sept jours de réponse par défaut, vingt-huit jours de publication par défaut, l’un et l’autre réglables. Une seule contrainte est imposée par le contrat, et c’est un plancher : « L’Éditeur s’engage à maintenir en ligne la Publication pendant une durée de 30 jours minimum. »
Le supplément qui retourne la logique du marché
Venons-en au barème. L’éditeur saisit un tarif de base, puis lui ajoute les suppléments de son choix, dans une liste que l’aide énumère : les niches sensibles — crypto, casino, rencontres, finance, santé, sexe, CBD —, l’absence de mention sponsorisée visible, un lien en dofollow, chaque tranche de cent mots supplémentaires, plus autant d’options personnalisées qu’il veut, avec libellé, description et prix libres.
Lisons ce que cela signifie du point de vue du vendeur. Deux caractéristiques qui rendent un lien moins transparent pour le lecteur et pour le moteur sont, dans cette interface, deux leviers d’augmentation du prix. Le vendeur qui balise correctement ses liens sortants commerciaux gagne mécaniquement moins que celui qui ne le fait pas, et l’écart est chiffré par lui-même, dans son propre barème.
C’est un cas de figure qu’on ne rencontre nulle part ailleurs dans ce panel. Chez les opérateurs qui imposent le dofollow, l’éditeur subit une contrainte sans contrepartie identifiable. Ici, il vend la contrainte inverse — le droit, pour l’annonceur, de ne pas apparaître comme annonceur — et il en fixe le tarif.
Trois conséquences méritent d’être posées froidement, sans les confondre.
- Sur le revenu : c’est une marge supplémentaire réelle, disponible immédiatement, sans travail additionnel.
- Sur le droit : la mention du caractère publicitaire d’un contenu relève d’obligations de transparence qui pèsent sur l’éditeur, pas sur la plateforme. La facturer en option ne les déplace pas.
- Sur l’actif : une accumulation de liens suivis non signalés sur un même domaine construit exactement le genre d’empreinte qu’un site de vente cherche à éviter. Le supplément se touche une fois ; la trace, elle, reste.
Le calcul appartient au vendeur, mais il doit être fait avant de cocher la case, pas après.
L'accueil et sa double entrée, capturé le 29 août 2026
Source : https://seo-jungle.com/fr/, consultée le 29 août 2026. Les tarifs et conditions d'un opérateur changent sans préavis.
Entrer : ce qu’on saisit, et ce qu’on ne peut pas lire
Inscrire un site : cinq étapes, zéro seuil
L’ajout se fait un site à la fois, par un formulaire en cinq étapes : informations, offres, règles de publication, tarifs, options. L’import en masse existe mais n’est pas accessible au vendeur — « il est réservé à l’équipe SEO Jungle côté back-office ». Pour un portefeuille, chaque domaine se saisit donc à la main, ou passe par le support.
Aucun critère d’admission n’est chiffré, et l’opérateur refuse explicitement d’en publier : en cas de refus, « ce motif dépend entièrement de la situation de ton site […]. Plutôt que de deviner ce qui a bloqué, la meilleure démarche reste de lire attentivement le motif indiqué ». La validation manuelle n’intervient qu’à la première offre ; les modifications ultérieures d’une offre validée ne repassent pas en contrôle.
Deux visibilités coexistent : le catalogue public, ouvert à tous les acheteurs inscrits, et un catalogue privé « réservé aux meilleurs acheteurs par pays et accessible uniquement sur invitation ». Un vendeur peut y placer une offre en plus de son offre publique. Ce système à deux vitesses n’est pas observable de l’extérieur.
La publication reste manuelle : aucun plugin, aucune API n’est mentionné côté vendeur. L’éditeur publie, puis revient confirmer en collant l’URL — et c’est ce collage qui déclenche le contrôle automatique quotidien pendant trente jours. Les acheteurs notent ensuite les vendeurs, et un « Profil Buyer » expose symétriquement aux vendeurs l’ancienneté et la récurrence de l’acheteur.
Ce qu’on ne peut pas lire avant de créer un compte
Deux absences pèsent plus que les autres, et elles vont ensemble.
La commission n’est publiée nulle part. Le mot n’apparaît ni dans les conditions, ni dans les quinze articles d’aide consultés, sauf pour le parrainage. Le vendeur saisit un prix, l’annonceur en paie un autre, et l’écart n’est documenté par aucune page publique.
Les conditions publiques ne sont pas les siennes. Le document accessible depuis le pied de page l’annonce dans son objet : « Les présentes CGUV ont pour objet de définir les modalités et les conditions d’utilisation et de vente pour les Annonceurs sur la Plateforme. » Les articles qui engagent l’éditeur y figurent — le maintien trente jours, les délais de réponse — mais aucun texte contractuel ne lui est adressé. Ce qu’il signera à l’inscription n’est pas consultable avant l’inscription.
Une clause mérite enfin d’être lue par un vendeur bien qu’elle vise l’acheteur : l’article 6 interdit le contournement de la plateforme pendant dix ans, dans le monde entier, sous peine d’une indemnité au quintuple de la somme versée à l’éditeur. Elle protège l’intermédiation ; sa symétrie pratique est qu’un client rencontré ici ne devient jamais votre client.
Être payé : la chaîne la plus longue du panel
Le parcours est documenté en quatre statuts, et chacun ajoute un délai.
| Étape | Ce qui est publié, le 29 août 2026 |
|---|---|
| En attente | « le paiement se débloque seulement après 30 jours d’activité surveillée sur ton site » |
| À demander | facture conforme obligatoire, plusieurs commandes regroupables |
| En cours | validation puis comptabilité, « un traitement qui peut prendre jusqu’à 7 jours » |
| Versement | « uniquement les 15 et 30 de chaque mois » |
| Minimum de retrait | non publié |
| Moyen | virement ou PayPal |
| Facturation | à la charge de l’éditeur, pas d’auto-facturation |
| Justificatifs | Kbis de moins de 3 mois ou avis Sirene, statuts de l’entreprise, pièce d’identité de l’actionnaire |
| Alternative | cashback bonifié, immédiat, sans facture — mais définitif et non retirable |
Mis bout à bout, un article publié le 1er d’un mois n’est demandable qu’au début du mois suivant, traité jusqu’à sept jours, puis versé à la fenêtre du 15 ou du 30. Il faut donc raisonner en six à huit semaines entre la publication et l’encaissement, ce qui change le calcul de rentabilité d’un site quand la production des articles, elle, se paie comptant.
Le niveau d’exigence administrative est le plus élevé du panel : les statuts de l’entreprise et la pièce d’identité de l’actionnaire ne sont pas des pièces courantes dans ce marché. Rien, dans la documentation publique, n’indique qu’un particulier puisse être payé. Quant à la TVA, l’opérateur assume de ne pas trancher : son article dédié « ne détaille volontairement pas de règle de calcul ni de taux ».
Reste le cashback. Convertir son solde en crédit se fait instantanément, sans facture, avec un bonus — dont le taux n’est pas publié — et le choix est irréversible : ce crédit ne peut plus sortir en virement. C’est un mécanisme qui retient l’argent dans la plateforme, et qui n’a d’intérêt que pour un vendeur qui achète aussi des liens.
Le partage entre ce qui se vérifie et ce qui se découvre
| Ce qu’un vendeur veut savoir | Publié ? | Ce qu’on lit, le 29 août 2026 |
|---|---|---|
| Qui fixe le prix | Oui | « fixé librement par l’Éditeur », art. 3.1 |
| Ce que garde la plateforme | Non | le mot « commission » est absent des CGUV et de l’aide |
| Dofollow ou nofollow | Oui | déclaré par l’éditeur, majorable en supplément |
| Mention « article sponsorisé » | Oui | déclarée par l’éditeur, son absence est un supplément |
| Durée de maintien | Oui | 30 jours minimum, art. 5.2 ; au-delà, au choix du vendeur |
| Contrôle du lien | Oui | vérification automatique quotidienne pendant 30 jours |
| Refus et négociation | Oui | accepter, refuser avec motif, ou négocier le prix |
| Critères d’admission | Non | aucun seuil, motif de refus communiqué au cas par cas |
| Contrat qui m’engage | Non | les CGUV publiques visent « les Annonceurs » |
| Quand je suis payé | Oui | après 30 jours surveillés, les 15 et 30 du mois |
| Minimum de retrait | Non | aucun seuil publié |
| Bonus du cashback | Non | annoncé, jamais chiffré |
Ce que ça change pour un site monté pour vendre
SEO Jungle est, sur le papier, le régime le plus favorable au vendeur du panorama : prix libre, règles de lien déclarées par lui, durée choisie, refus et négociation possibles, documentation d’aide complète. Un éditeur qui sait ce qu’il vaut peut y appliquer sa politique tarifaire sans arbitrage d’algorithme.
Deux réserves l’accompagnent, et elles ne se compensent pas. La première est financière : sans commission publiée, on ne sait pas si le prix qu’on saisit est concurrentiel une fois majoré côté acheteur — un prix bas peut arriver haut en vitrine, et ne pas se vendre. La seconde est de trésorerie : six à huit semaines de latence, sur un catalogue où rien ne garantit le volume.
La conduite qui découle du reste est simple. Le supplément « dofollow sans mention » est le seul endroit du panorama des places de marché où un vendeur peut arbitrer explicitement entre marge et transparence, dans son propre barème. Cet arbitrage se fait une fois, à la création de l’offre, et il vaut pour toutes les ventes suivantes.
Ce que cette page ne prétend pas être
Nous n’avons pas ouvert de compte, pas inscrit de site, pas créé d’offre, pas demandé de paiement. Il n’y a donc ici ni note, ni classement, ni recommandation : chaque élément vient des pages publiques de l’opérateur, datées du 29 août 2026, et les citations sont reproduites telles quelles.
Ce qui manque manque parce qu’il n’est pas publié : la commission, le taux du bonus cashback, tout minimum de retrait, la formule du Power Score, et surtout un texte contractuel qui s’adresse au vendeur. Un catalogue peut être très ouvert sur ce qu’on y fait, et rester fermé sur ce qu’il en prend.
Questions fréquentes
Comment vendre des liens sur SEO Jungle quand on a un site ?
L'accueil propose deux boutons distincts, dont un explicitement destiné aux vendeurs : « J'ai un ou des sites et je souhaite vendre des articles : Proposer mes services ». Il pointe directement vers le formulaire d'inscription de l'application. Il n'existe aucune page vitrine « devenir éditeur » : la documentation vendeur se trouve uniquement dans le centre d'aide, catégorie « Vendre mes spots », treize articles mis à jour le 27 juillet 2026.
Qui décide si le lien est en dofollow sur SEO Jungle ?
L'éditeur, dans ses règles de publication, et il peut le facturer. Le tarif de base d'une offre peut être majoré de suppléments au choix du vendeur, parmi lesquels « l'absence de mention sponsorisée visible » et « un lien en dofollow ». Le vendeur déclare aussi qui rédige, le nombre de mots inclus, la rédaction humaine ou par IA, et la durée de mise en ligne.
Quelle commission SEO Jungle prend-elle sur une vente ?
Elle n'est pas publiée. Le mot « commission » n'apparaît ni dans les CGUV ni dans les articles d'aide consultés le 29 août 2026, sauf à propos du programme de parrainage, qui est un autre sujet. On ne peut donc pas connaître l'écart entre le prix saisi par le vendeur et le prix payé par l'annonceur.
Combien de temps un article doit-il rester en ligne sur SEO Jungle ?
Trente jours au minimum, selon l'article 5.2 des CGUV : « L'Éditeur s'engage à maintenir en ligne la Publication pendant une durée de 30 jours minimum. » C'est un plancher, pas une durée imposée : le vendeur déclare lui-même la durée qu'il garantit dans ses règles de publication. La plateforme vérifie automatiquement chaque jour que l'article reste en ligne, pendant ces trente jours.
Quand SEO Jungle paie-t-elle ses éditeurs ?
Les versements ont lieu « uniquement les 15 et 30 de chaque mois », après trois étapes : trente jours d'activité surveillée avant que la somme ne devienne demandable, l'émission d'une facture conforme par le vendeur, puis un traitement pouvant prendre jusqu'à sept jours. Aucun montant minimum de retrait n'est publié. Le paiement se fait par virement ou PayPal.
Sources et méthode
- https://seo-jungle.com/fr/ — accueil et double porte d'entrée acheteur / vendeur, consulté le 29 août 2026.
- https://seo-jungle.com/fr/cguv/ — conditions générales d'utilisation et de vente, articles 3.1, 5.2 et 6, consultées le 29 août 2026.
- https://seo-jungle.com/fr/aide/creer-offre/ — création d'une offre éditeur, règles de publication et suppléments tarifaires, mis à jour le 27 juillet 2026, consulté le 29 août 2026.
- https://seo-jungle.com/fr/aide/traiter-commande-editeur/ et /fr/aide/proposer-sites/ — traitement des commandes et inscription d'un site, consultés le 29 août 2026.
- https://seo-jungle.com/fr/aide/paiement-editeur/ et /fr/aide/demande-paiement-editeur/ — parcours de paiement et justificatifs exigés, consultés le 29 août 2026.
- https://seo-jungle.com/fr/plateforme-de-netlinking/ — compteurs de catalogue et volumétrie affichée, consultés le 29 août 2026.
- Méthode : aucune inscription, aucun compte, aucune commande, aucun paiement. Uniquement des pages publiques, lues et datées. Ce qui n'y figure pas est signalé comme non publié plutôt que déduit.