En bref
- SEMJuice est une régie, pas un catalogue : c'est la plateforme qui fixe le prix, selon un indicateur propriétaire, le JuiceFlow.
- Le barème éditeur est public : de 4,50 € pour un annuaire à 400 € et plus pour un site de presse, constaté le 29 août 2026.
- La part prélevée sur Semjuice App n'est pas publiée. Celle de NextLevel l'est, dans les CGV : 50 % pour la plateforme.
- Les deux plateformes du groupe imposent le dofollow. NextLevel interdit contractuellement l'attribut sponsored.
- Retrait à partir de 100 € sur Semjuice App, 200 € sur NextLevel. Sans SIRET, on peut publier mais pas encaisser.
SEMJuice n’est pas une place de marché où l’on saisit son tarif. C’est une régie : la plateforme fixe le prix, fournit l’article, et peut le publier elle-même. En échange, elle affiche publiquement ce qu’elle reverse — un tableau à sept paliers que presque aucun de ses concurrents ne publie.
Ce qu’elle ne publie pas, c’est ce qu’elle encaisse. Cette page fait l’inventaire de ce qui est constatable le 29 août 2026 sur ses pages publiques, du seul point de vue qui nous intéresse ici : celui de l’éditeur qui envisage d’y inscrire son site.
Une marque, deux plateformes, deux régimes
Le groupe exploite deux outils distincts, tous deux édités par la même société — EasyRank, SARL, SIRET 83115480200019, selon les mentions légales des deux sites.
Semjuice App vend une publication : un article nouveau, écrit par la plateforme ou par l’éditeur, posté sur le site partenaire. NextLevel by Semjuice vend une insertion : un paragraphe ajouté à la suite d’un article déjà en ligne et déjà positionné, avec un lien dedans. Deux produits, deux barèmes, deux seuils de retrait, deux régimes contractuels.
Cette séparation n’est pas cosmétique. Elle décide de ce que vous vendez : dans un cas un emplacement neuf, dans l’autre la position acquise d’une page existante. Le second cas est le plus rentable à court terme et le plus coûteux à long terme, parce qu’il modifie une page qui rankait déjà.
Un détail contractuel mérite d’être signalé tout de suite : semjuice.com n’a aucune page de conditions générales. Son propre sitemap ne liste que des mentions légales et une politique de confidentialité. Les seules conditions publiques du groupe sont celles de NextLevel, et elles ne s’appliquent qu’à NextLevel.
Le barème : ce que SEMJuice reverse, palier par palier
Voici le tableau tel qu’il figurait sur la page « Devenir éditeur » le 29 août 2026, sous le titre « Commissions reversées aux partenaires ».
| Palier | JuiceFlow | Type de site | Gain par publication |
|---|---|---|---|
| Fraise | 10,00 à 14,99 | Annuaire | 4,50 € |
| Raisin | 15,00 à 34,99 | Site | 13,00 € |
| Kiwi | 35,00 à 44,99 | Site | 33,00 € |
| Orange | 45,00 à 54,99 | Site | 77,00 € |
| Ananas | 55,00 à 64,99 | Site | 175,00 € |
| Pastèque | 65,00 à 74,99 | Site | 300,00 € |
| Multifruits | 75,00 à 100 | Presse spécialisée, médias | à partir de 400 €, sur devis |
Deux lectures s’imposent.
La première : l’échelle n’est pas linéaire, elle est exponentielle. Passer de Raisin à Kiwi multiplie le gain par 2,5. Passer d’Orange à Ananas le multiplie encore par 2,3. Entre le premier et l’avant-dernier palier, le rapport est de 1 à 67. Un site qui progresse de dix points de JuiceFlow au bon endroit de la courbe change de métier.
La seconde : le palier dépend d’un indicateur dont la formule n’est pas publiée. Le JuiceFlow est décrit comme prenant en compte « la qualité de vos liens entrants, la pertinence de vos contenus et la performance globale de votre site ». Aucune pondération, aucun mode de calcul, aucun équivalent public. Concrètement, un éditeur ne peut pas savoir dans quel palier il tombera avant d’avoir inscrit son site. C’est le point le plus important de cette page : vous ne pouvez pas modéliser votre revenu avant d’être entré.
La mention sous le tableau ajoute un supplément si l’éditeur rédige : 4 € pour un article de moins de 999 mots, 8 € au-delà de 1 000. Rapporté au temps d’écriture, c’est un tarif de rédaction à mettre en regard du coût réel de production d’un article.
Le barème public, capturé le 29 août 2026
Source : https://www.semjuice.com/p-remunerations-partenaires/, consultée le 29 août 2026. Les tarifs et paliers d'un opérateur changent sans préavis.
Ce que la plateforme regarde avant d’accepter un site
Les critères d’admission ne sont pas sur la page commerciale. Ils sont dans la FAQ, et ils diffèrent d’une plateforme à l’autre.
Sur NextLevel, ils sont chiffrés : « le site possède au minimum 25 RD (referring domains) », « le site contient au minimum 5 articles », un « bon aspect visuel (thème, logo, favicon par exemple) », et des mentions légales valables. La validation est manuelle et annoncée « dans les heures qui suivent ». Un site refusé passe « en attente d’améliorations » — pour 60 jours selon la FAQ, pour 30 jours selon l’article 4.1 des conditions générales. Les deux durées sont publiées au même moment, sur deux pages du même opérateur.
Sur Semjuice App, un seul seuil est publié : « notre algorithme ne propose pas les sites ayant un JuiceFlow inférieur à 15 et les annuaires ayant un JuiceFlow inférieur à 10 ». Ni trafic minimal, ni ancienneté, ni volume d’articles. S’y ajoute un prérequis structurel : disposer d’« un espace dédié aux publications », de type blog ou actualité.
Une contrainte technique passe souvent inaperçue et pèse sur l’architecture du site : l’article doit apparaître sur la page d’accueil. La FAQ est explicite — « la validation de la publication se fera lorsque l’article apparaîtra sur la home page ». Un site dont l’accueil est une page fixe sans flux d’articles ne peut donc pas valider ses publications sans être modifié.
Enfin, une remarque qui en dit long sur le marché : la longueur des articles est calibrée « afin d’éviter toute footprint », et le plugin WordPress est présenté comme « sans footprint, vous définissez vous-même le nom du dossier à son installation ». L’absence de trace est un argument commercial assumé, publié sur la FAQ de l’opérateur.
Ce que vous cédez sur le lien
C’est ici que le contrat mord, et c’est ici que la plupart des avis publiés en ligne s’arrêtent.
Le dofollow est imposé, et la raison est écrite sans détour dans la FAQ : « tous les liens vers nos clients doivent être en do-follow. Nous vendons du jus SEO, il est donc important que ce jus puisse transiter via un lien do-follow ». Un éditeur qui voulait baliser ses liens commerciaux en nofollow ou en sponsored n’a pas ce choix.
Sur NextLevel, l’article 4.3 des conditions générales va plus loin et mérite d’être lu mot à mot. L’engagement de maintien est « au minimum de 2 ans (24 mois plein) ». Le lien « doit ne pas avoir l’attribut “nofollow” », « doit ne pas être caché aux moteurs de recherche », « doit être visible par tout internaute », et — c’est le plus rare — « doit ne pas avoir l’attribut “sponsored” ». Autrement dit : le marquage publicitaire du lien est contractuellement interdit.
S’y ajoutent trois contraintes qui touchent la page elle-même, et pas seulement le lien :
- aucun autre lien externe sortant sur l’URL pendant les 24 mois, à l’exception d’une liste blanche fermée de domaines autorisés en nofollow ;
- un seul lien par article — « pas d’effet sapin de Noël sur vos pages » ;
- scraping imposé tous les 15 jours pour vérifier la présence du lien et le code de réponse.
Le manquement se chiffre. L’article 4.2 prévoit la reprise des gains : perte totale si la commande a moins de six mois, reprise au prorata au-delà, avec l’exemple donné par l’opérateur lui-même — « après 12 mois et 3 jours, 50 % des gains seront dus à NextLevel.link ». Quinze jours pour régulariser.
Pour un éditeur français, l’interdiction du sponsored n’est pas neutre. Elle est en tension avec les obligations de transparence sur la publicité, et c’est un arbitrage à faire en connaissance de cause plutôt qu’à découvrir dans les CGV après signature.
Être payé : seuils, délais, papiers
Les deux plateformes du même groupe ne paient ni au même seuil, ni au même rythme.
| Semjuice App | NextLevel by Semjuice | |
|---|---|---|
| Minimum de retrait | 100 € | 200 € |
| Soupape sous le seuil | demande possible après 20 semaines | retrait 1 an après inscription, puis à date anniversaire |
| Délai annoncé | « sous maximum 30 jours » | « sous 30 jours ouvrés » |
| Moyens | PayPal ou IBAN, pas d’IBAN hors Europe | virement ou PayPal, frais PayPal à la charge du partenaire |
| Facturation | auto-facturation par la plateforme | facture générée par le partenaire, SIRET obligatoire |
| Gain minimum | néant, barème par palier | 22,50 € par URL |
Trois points comptent plus que les autres pour décider.
Sans statut, on ne touche rien. NextLevel est net : un particulier « devra transférer ses gains en crédits pour acheter des liens » et « ne pourra pas retirer ces gains de la plateforme, n’étant pas à même de facturer ». La vente de liens est une prestation de service publicitaire, et elle se facture — le sujet est traité en entier dans notre dossier sur la facturation et la déclaration de la vente de liens.
Les justificatifs sont récurrents. NextLevel exige une attestation de vigilance URSSAF, un Kbis ou un certificat INSEE de moins de six mois, à renouveler tous les six mois, l’URSSAF devenant « l’unique document accepté dès lors que vos gains auront atteint 5 000 € ». C’est une charge administrative permanente, pas une formalité d’entrée.
Les gains se périment. Deux ans pour retirer ou convertir, sinon ils sont perdus. La conversion en crédits d’achat rapporte 10 % de plus — un mécanisme qui améliore le rendement affiché tout en retenant l’argent dans la plateforme.
Ce qui est constatable, et ce qui ne l’est pas
Le tableau ci-dessous est l’état exact de ce qu’on peut vérifier sans compte, à la date du relevé.
| Question de l’éditeur | Réponse publiée ? | Ce qu’on lit, le 29 août 2026 |
|---|---|---|
| Combien je touche par publication | Oui | barème à sept paliers, 4,50 € à 400 €+ |
| Combien la plateforme prélève | Non sur Semjuice App ; oui sur NextLevel | « 50 % pour la plateforme », CGV art. 4.1 |
| Comment mon palier est calculé | Non | formule du JuiceFlow non publiée |
| Quels sites sont acceptés | Partiellement | 25 RD et 5 articles sur NextLevel ; JuiceFlow ≥ 15 sur Semjuice App |
| Qui écrit l’article | Oui | la plateforme par défaut, l’éditeur en option payée |
| Le lien est-il dofollow | Oui | imposé sur les deux plateformes |
| Puis-je marquer le lien en sponsored | Oui, et c’est non | interdit par l’art. 4.3 des CGV NextLevel |
| Combien de temps le lien doit rester | Oui sur NextLevel | 24 mois pleins |
| Quand je suis payé | Oui | 30 jours (ou 30 jours ouvrés selon la plateforme) |
| À partir de quel montant | Oui | 100 € ou 200 € selon la plateforme |
| Le prix payé par l’annonceur | Non | jamais affiché à l’éditeur |
Le taux de 50 % de NextLevel ne se transpose pas à Semjuice App : ce sont deux produits différents. Rapproché du gain minimum de 22,50 € par URL, il situe seulement le prix acheteur plancher de NextLevel autour de 45 €.
Ce que ça change pour un site du type qu’on décrit ici
Un site monté pour vendre des emplacements arrive devant SEMJuice avec trois questions concrètes.
Est-ce que mon actif entre ? Vingt-cinq domaines référents et cinq articles, c’est une barre basse. Un JuiceFlow de 15 l’est probablement moins, mais il est invérifiable de l’extérieur. Un site jeune peut donc être admis et se retrouver dans le palier à 13 € — un tarif qui, comparé aux prix médians relevés par thématique dans notre dossier sur les niches qui se vendent, ne couvre pas le coût de production d’un article.
Est-ce que je garde la main ? Sur Semjuice App, le droit de regard sur ce qui sera publié chez vous est une case à cocher, pas un droit par défaut. C’est l’inverse de la posture que ce site défend : un éditeur qui ne relit pas ce qui paraît sous son nom vend son domaine, pas un emplacement.
Est-ce que je peux en sortir ? Vingt-quatre mois d’engagement sur NextLevel, avec reprise des gains au prorata en cas de retrait anticipé, c’est un actif partiellement immobilisé. Cela pèse sur la valeur de revente du site et sur toute réorganisation de contenu — d’autant que les URL concernées ne peuvent plus porter le moindre autre lien sortant.
Le modèle est cohérent, et il a un nom : c’est de la régie. On échange de l’autonomie contre du flux et de la simplicité. Le comparatif des seize plateformes, sur la page de section consacrée aux places de marché, montre que ce choix se paie partout de la même façon — ce qui se gagne en volume de commandes se perd en maîtrise du prix.
La porte d'entrée éditeur, le même jour
Source : https://www.semjuice.com/p-remunerations-partenaires/, consultée le 29 août 2026.
Ce que cette page ne prétend pas être
Nous n’avons pas inscrit de site sur SEMJuice, pas passé de commande, pas testé un paiement. Tout ce qui précède est lu sur les pages publiques de l’opérateur et daté. Il n’y a donc ici ni note sur dix, ni classement, ni recommandation : ce serait un jugement fabriqué, et le rôle exact d’une place de marché se décrit très bien sans en passer par là.
Ce qui manque à ce relevé manque parce que l’opérateur ne le publie pas : la part prélevée sur Semjuice App, la formule du JuiceFlow, le prix payé par l’annonceur. Ces trois absences sont, à elles seules, une information sur le marché.
Questions fréquentes
Quels sont les avis sur SEMJuice quand on est éditeur et non acheteur ?
La quasi-totalité des avis publiés en français sont écrits par des acheteurs de liens et jugent la qualité du catalogue. Côté éditeur, ce qui se vérifie est différent : SEMJuice publie un barème de rémunération par palier de JuiceFlow, ne publie pas la part qu'elle prélève, impose le dofollow, et exige 100 € de gains avant tout retrait. Ces quatre points sont lisibles sur ses pages publiques au 29 août 2026.
Combien SEMJuice paie-t-elle par article publié ?
Le tableau « Commissions reversées aux partenaires » affichait le 29 août 2026 sept paliers, de 4,50 € pour un annuaire à 400 € et plus pour un site de presse spécialisée, ce dernier sur devis. Le palier dépend du JuiceFlow, un indicateur propriétaire dont la formule n'est pas publiée. Rédiger soi-même l'article ajoute 4 € en dessous de 1 000 mots et 8 € au-delà.
Quelle commission SEMJuice prélève-t-elle sur une vente ?
Elle n'est pas publiée pour Semjuice App : on connaît ce que l'éditeur touche, jamais ce que l'annonceur paie. Elle l'est en revanche pour NextLevel by Semjuice, dans l'article 4.1 de ses conditions générales, qui indiquait au 29 août 2026 que « les commissions effectuées sur le prix de vente sont, à ce jour, à 50 % pour la plateforme ».
Quels sites SEMJuice accepte-t-elle ?
Sur NextLevel, les critères sont chiffrés et publiés : au minimum 25 domaines référents et 5 articles, un aspect visuel soigné et des mentions légales valables. Sur Semjuice App, le seul seuil publié est un JuiceFlow supérieur ou égal à 15, ou 10 pour un annuaire. Ni le trafic ni l'ancienneté ne sont mentionnés comme critères.
Peut-on refuser un article proposé par SEMJuice ?
Oui, mais sur Semjuice App le droit de regard est une option à activer sur la fiche du site : par défaut, l'éditeur ne voit pas ce qui est publié chez lui. Sur NextLevel, le refus est systématiquement proposé et demande un motif. Une commande refusée est réattribuée à un autre site partenaire.
Sources et méthode
- https://www.semjuice.com/p-remunerations-partenaires/ — page « Devenir éditeur » et tableau « Commissions reversées aux partenaires », consultée le 29 août 2026.
- https://www.semjuice.com/p-faq/ — FAQ publique, sections « éditeurs sur semjuice app » et « éditeurs sur nextlevel by semjuice », consultée le 29 août 2026.
- https://www.nextlevel.link/cgv — conditions générales de NextLevel by Semjuice, article 4 consacré au partenaire éditeur, consultées le 29 août 2026.
- https://www.nextlevel.link/faq-partenaires/ — FAQ partenaires, consultée le 29 août 2026.
- https://www.semjuice.com/mentions-legales/ et https://www.nextlevel.link/mentions-legales — identification de l'éditeur, consultées le 29 août 2026.
- Méthode : aucune inscription, aucun compte, aucune commande. Uniquement des pages publiques, lues et datées. Ce qui n'y figure pas est signalé comme non publié plutôt que déduit.