En bref

  • Vendre des liens se ramène à cinq décisions : ce qu'on ne vend pas, combien de liens une page porte, la règle de balisage, le canal de vente et le prix.
  • Le prix est la plus réversible des cinq : il se révise par paliers. Un lien vendu, un engagement de durée ou une règle de balisage annoncée ne se défont pas sans rompre une promesse.
  • L'ordre utile est donc l'inverse de l'ordre habituel : fixer d'abord ce qui engage le site pour des années, et le prix en dernier.
  • Le vendeur ne contrôle pas la demande. Sur 28 thématiques relevées en août 2026, la corrélation de rang entre le prix demandé et la vente constatée est de 0,04 : aucune relation.
  • Il ne contrôle pas non plus ce qu'il encaisse quand il passe par un intermédiaire : sur seize places de marché relevées le 29 août 2026, cinq seulement publient un taux de prélèvement lisible par l'éditeur.

Vendre des liens sur son site, c’est prendre cinq décisions : ce qu’on ne vend pas, combien de liens une page porte, la règle de balisage, le canal de vente et le prix. Presque tout ce qui s’écrit sur le sujet commence par le prix. C’est pourtant la seule des cinq qui se corrige sans rien rompre, et c’est pour cela qu’elle vient en dernier ici.

Cette section traite le moment où l’actif rencontre l’acheteur. Les sections précédentes construisent le site ; celle-ci décide de ce qu’il vend, à quelles conditions et à quel prix.

Ce que vous contrôlez, et ce qui ne dépend pas de vous

Un éditeur qui vend maîtrise son offre. Il ne maîtrise ni la demande, ni une partie de ce qu’il encaisse. Les confondre est la source de la plupart des mauvaises décisions de vente, à commencer par la baisse de prix après trois semaines sans commande.

Ce que vous décidezCe qui ne dépend pas de vous
Le prix demandé, et les formats vendusLa demande d’annonceurs dans votre thématique
Les pages ouvertes à la vente, et celles qui ne le seront jamaisLe prix réellement payé par l’acheteur quand un intermédiaire s’intercale
Le nombre de liens commerciaux par pageLa part prélevée, souvent non publiée
La règle de balisage et la mention annoncées avant la commandeLa date à laquelle l’argent arrive
Ce que vous refusez de publierLa lecture que le moteur fait de votre profil de liens sortants
Le canal : place de marché ou vente en directLes conditions de maintien imposées par ce canal

La colonne de droite n’est pas une liste de reproches. C’est le terrain sur lequel l’offre se joue, et deux chiffres en donnent la mesure.

La demande ne suit pas le prix. Sur notre relevé d’août 2026, qui porte sur 28 thématiques, la corrélation de rang entre le prix médian demandé et la part d’articles porteurs d’un lien commercial est de 0,04. La thématique où l’on demande le plus cher n’est pas celle où l’on vend le plus souvent. Sur les 375 sites mesurés, 130, soit 34,7 %, ne portaient aucun lien commercial sur dix articles récents. Ce taux est un majorant : un site qui vend un emplacement par trimestre peut ressortir à zéro.

Le prix encaissé n’est pas le prix affiché. Sur les seize places de marché relevées le 29 août 2026, cinq publient un taux de prélèvement qu’un éditeur peut utiliser pour calculer son net. Les onze autres ne le publient pas. Le délai de paiement y va de deux jours ouvrés à un étalement en douzièmes sur douze mois.

L’ordre des décisions : du moins réversible au plus réversible

Les cinq décisions n’engagent pas le site pour la même durée. Un prix se révise le mois suivant. Un lien vendu reste en ligne, parce que le retirer rompt l’engagement pris avec celui qui l’a payé. L’ordre qui suit range donc les décisions par réversibilité, de celle qu’on ne défait jamais à celle qu’on ajuste en continu.

1. Ce qu’on ne vend pas

La page d’accueil, les liens en pied de page ou en barre latérale, les pages piliers et les pages légales restent hors commerce. Aucune n’a de raison éditoriale de pointer vers un site tiers, et ce sont les premières pages qu’un acheteur ou un évaluateur ouvre. La liste s’écrit avant la première vente, et elle s’allonge chaque fois qu’un article devient une page qui porte le trafic.

À la même étape se décide ce que vous refusez de publier : des secteurs, des ancres, des contenus fournis que vous n’avez pas vérifiés. Le dossier ce qu’on refuse de publier, et pourquoi ça se paie traite ces refus et la façon de les annoncer sans perdre l’acheteur.

2. Combien de liens une page porte

Une page qui reçoit un deuxième lien en mars et un troisième en juin change de nature sans qu’aucune décision n’ait été prise. Comme un lien vendu ne se retire pas, cette dérive est irréversible. Le plafond par page se fixe donc une fois, avant la mise en vente, et se tient dans un registre.

3. La règle de balisage et la mention

Le moteur demande qu’un lien payé soit qualifié par rel="sponsored" ou rel="nofollow". La loi demande que le lecteur identifie le contenu comme publicitaire. Ce sont deux obligations distinctes, et l’acheteur, lui, paie pour un lien qui transmet. L’arbitrage entre ces trois exigences vous appartient. Ce qui ne vous appartient plus, une fois la commande passée, c’est de changer la règle : requalifier en silence un lien déjà vendu rompt l’engagement pris.

4. Le canal et ses engagements

Passer par une place de marché, c’est accepter ses conditions de maintien : sur les seize opérateurs relevés, la durée va de trente jours à vingt-quatre mois, et deux demandent un maintien « pendant toute la durée de vie du site ». Le manquement s’y chiffre, parfois au-delà du montant encaissé. Vendre en direct évite ces clauses, mais suppose un statut, une facture conforme et des conditions écrites, identiques pour tous les acheteurs.

5. Le prix

Il vient en dernier parce qu’il se teste. Le point de départ est la médiane des sites comparables de votre thématique ; sur notre relevé, le prix médian affiché va de 45 € à 250 € selon la thématique. Un site sans historique de vente se place un peu sous cette médiane, laisse passer quelques semaines, puis ajuste par paliers. La négociation commence ici, et elle se fait sur un prix dont les conditions sont déjà écrites : le dossier négocier avec un acheteur de liens détaille ce que coûtent réellement les demandes fréquentes.

Les dossiers de cette section

Ils suivent l’ordre dans lequel les questions se posent d’habitude, et non l’ordre des décisions ci-dessus : le prix d’abord, la charge d’une page ensuite.

01 : Le prix

Fixer le prix d’un lien sur son site explique comment se situer sur la médiane de sa catégorie plutôt que sur un concurrent isolé ou sur ses propres coûts. Il distingue l’article rédigé de l’insertion dans une page existante, qui n’ont pas le même prix, et décrit l’ajustement par paliers sans baisse dans l’urgence.

02 : La charge d’une page

Combien de liens sortants une page supporte démonte la limite des cent liens, qui n’a plus de fondement, et montre que ce qui se lit sur une page est le rapport entre liens commerciaux et liens éditoriaux. Il pose la règle d’un lien commercial par page, la liste des pages qu’on ne vend jamais et le registre qui empêche l’accumulation.

03 : Les refus

Refuser un lien sponsorisé dresse la liste de ce qu’un éditeur écarte : les secteurs que la loi encadre ou que la thématique ne justifie pas, les ancres qui trahissent l’achat, les pages déjà chargées et les destinations instables. Il donne aussi la formule d’un refus qui garde l’acheteur.

04 : La négociation

Négocier avec un acheteur de liens part de ce que l’acheteur sait de votre site avant d’écrire, puis chiffre ce que retirent au site ses demandes fréquentes : ancre exacte, lien en tête d’article, plusieurs liens, durée illimitée, exclusivité de secteur. Il sépare ce qui se négocie de ce qui ne se négocie pas.

Ce qui se lit ailleurs sur le site

Trois sujets touchent la vente sans lui appartenir, et chacun a sa page.

Le balisage et le risque. Baliser un lien vendu sépare ce que demande le moteur, ce que demande la loi et ce que l’acheteur refuse de payer. Ce que Google sanctionne vraiment chez un vendeur de liens donne le nom exact de l’action manuelle, ses remèdes publiés et le conflit entre ces remèdes et les clauses de maintien des plateformes.

Les intermédiaires. La section Les plateformes décrit seize places de marché du point de vue de l’éditeur : qui fixe le prix, ce qui est prélevé, quand on est payé. Elle ne note et ne classe aucune d’elles.

L’argent. Facturer et déclarer la vente de liens traite le statut, la facture et la TVA selon le pays de l’acheteur, ainsi que les quatre points qui relèvent du contrat. Ce que tout cela rapporte une fois le temps compté se trouve dans le compte d’exploitation d’un site à liens.

La question qui arrive avant la commande

Les demandes qui accompagnent une commande portent rarement sur le prix seul. Ce sont celles que les dossiers de ce site recensent : un deuxième lien dans un article déjà vendu, une ancre changée six mois plus tard, un maintien sans limite de durée, la suppression de la mention publicitaire. Chacune de ces demandes porte sur une décision des étapes 1 à 4.

Un éditeur qui a écrit ses réponses avant ce message répond en une ligne, la même pour tous. Celui qui ne les a pas écrites les invente pendant la négociation, sous la pression d’une vente qu’il ne veut pas perdre. C’est à ce moment-là, bien plus que sur le prix, que se perd la valeur des liens suivants.

Questions fréquentes

Peut-on vendre des liens sur son site ?

Oui. La documentation de Google écrit que l'achat et la vente de liens publicitaires sont des pratiques commerciales normales, à condition que les liens soient qualifiés par rel="sponsored" ou rel="nofollow". Le droit français demande en plus que le lecteur puisse identifier le contenu comme publicitaire. Ce qui expose le site, c'est le lien vendu sans qualification, pas la vente elle-même.

Par quoi commencer quand on veut vendre des liens ?

Par les décisions qui ne se défont pas : les pages qui ne seront jamais vendues, le plafond de liens commerciaux par page, la règle de balisage annoncée aux acheteurs et la durée d'engagement acceptée. Le prix vient en dernier, parce que c'est la seule décision qu'on peut corriger sans rien rompre.

Combien vendre un lien sur son site ?

Le point de départ est la médiane des sites comparables de votre thématique, sur le canal où vous vendez. Sur notre relevé d'août 2026, le prix médian affiché va de 45 € à 250 € selon la thématique. Un site sans historique de vente se place plutôt un peu sous cette médiane, puis remonte par paliers.

Faut-il passer par une plateforme pour vendre des liens ?

Ce site ne recommande aucune plateforme. Une place de marché apporte des acheteurs ; en échange, elle fixe parfois votre prix, prélève une part souvent non publiée, impose un délai de paiement et une durée de maintien du lien. La vente en direct garde ces décisions chez vous, mais vous laisse trouver les acheteurs, facturer et encaisser vous-même.

Sources et méthode

  • Relevé d'août 2026 sur une place de marché francophone de vente de liens : 28 thématiques, les quinze sites les mieux classés de chacune, prix affiché. Exploration directe des 420 domaines : 375 mesurés sur dix articles récents. Méthode et limites dans le dossier sur les niches qui se vendent.
  • Relevé du 29 août 2026, repris le 4 octobre 2026, des pages publiques de seize places de marché : pages éditeur, FAQ, conditions générales. Aucun compte créé, aucune commande passée. Détail sur la page de section Les plateformes.
  • Règles concernant le spam dans la recherche sur le Web, documentation Google Search Central, section sur les liens, telle que citée et datée dans le dossier sur le risque Google de la vente de liens.
  • Loi pour la confiance dans l'économie numérique, article 20, sur l'identification de la publicité en ligne, telle que citée dans le dossier sur le balisage des liens vendus.